124e (Fev 2010) – Le respect des Droits Humains, une exigence européenne ?

124ème Conférence/déjeuner-débat

Le respect des Droits Humains, une exigence européenne ?

Conférencier : Benoît Van Der Meerschen,
Président de la Ligue belge des Droits de l’Homme

Vendredi 5 février 2010


Présentation de la 124ème conférence/déjeuner-débat sur les Droits Humains

Bienvenue à tous et à toutes !

Jerzy Buzek, Président du Parlement Européen, a déclaré hier à Paris que la Déclaration Schuman constituait le meilleur hommage aux victimes de l’Holocauste, désignant cet épisode comme la plus grave violation des droits de l’homme de l’Histoire et a précisé que l’Union Européenne avait été fondée en réaction à cette tragédie.

Heureusement qu’ils existent ces Doits Humains ! Mais des droits entraînent des devoirs et pour pouvoir vivre ensemble en harmonie, il nous faut respecter les valeurs et les règles sociales et démocratiques de l’endroit où nous vivons, et les Etats doivent assumer leurs responsabilités, entre autres dans la redistribution des impôts, notamment pour aider les personnes dans le besoin, les sdf et les sans papiers.

La Convention européenne des Droits de l’Homme célèbrera cette année ses 60 ans. Chargée de veiller au respect des droits, la Cour de Strasbourg rend de nombreux arrêts, contraignants pour les Etats, qui rechignent parfois à s’y conformer.
Les droits évoluent et la Charte européenne des droits fondamentaux en contient de nouveaux basés sur une solidarité et une égalité universelles. La jurisprudence de la Cour les maintient up to date.

L’Union européenne vient de lancer l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale et il est à espérer que cette initiative ne se limitera pas à un simple constat.

Le respect des Droits de l’Homme et des décisions de la Cour étant l’un des critères d’adhésion à l’Union Européenne, les 27 Etats membres devaient déjà s’y conformer. Avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, qui lui a conféré la personnalité juridique, et la Russie, qui vient d’approuver le protocole l’autorisant à y adhérer, l’Union Européenne, en tant que telle, s’apprête à signer la Convention.

Dans un article publié ce jour par La Libre intitulé «Ne dites plus : illégaux», Thomas Hammarberg, commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe indiquait hier, lors de la présentation d’un rapport sur l’immigration, que les Etats n’avaient aucune excuse pour ne pas respecter les droits de l’homme. Mais la tendance actuelle est de criminaliser l’immigration et certains pays ont recours à des sanctions pénales contre les personnes en situation irrégulière. Ainsi, Au Royaume-Uni, en Allemagne, en Grèce ou en Italie, l’entrée illégale sur le territoire peut être punie d’une amende ou d’une peine d’emprisonnement avant l’expulsion …
Mais comment peut-on justifier l’usage des lois pénales si les infractions en matière de franchissement de frontières ne font pas de victimes, pas plus que la présence illégale de ressortissants étrangers dans un pays.

Selon Thomas Hammarberg, si l’Europe privilégie les aspects sécuritaires au détriment des droits individuels, c’est en raison d’un sentiment de xénophobie conforté par nos politiciens qui ne parviennent pas à expliquer aux citoyens que l’Europe est un continent vieillissant et que nous aurons besoin de cette immigration.

Alors : Les Droits Humains, on en est-on ?

Pour nous éclairer, je vais passer le micro au conférencier, non sans vous l’avoir présenté.

Benoît VAN DER MEERSCHEN est belge. Licencié en droit de l’Université libre de Bruxelles, en droit international public et en droit public et administratif, il est Secrétaire général du Centre de Formation pour le Développement et la solidarité internationale qui, pour palier à la répartition inégale des richesses dans le monde, éduque les citoyens à la solidarité internationale. Il est chargé de cours de droit des étrangers à la Haute Ecole Paul-Henri Spaak et vice-président de Bruxelles Laïque. En tant que membre actif d’associations de défense des droits de l’Homme, il a accompli de fréquentes missions en République Démocratique du Congo, au Rwanda, au Sénégal, en Gambie, au Mali, au Burkina Fasso, au Togo, au Tchad, au Cameroun et en Haïti. Il est président de la Ligue belge francophone des Droits de l’Homme depuis 2006. Par son implication quotidienne dans la défense des Droits Humains, on peut dire que Benoît Van Der Meerschen a vraiment donné un sens à sa vie.

En souvenir de son passage parmi nous et de notre part à tous, je vais lui offrir le livre du Rappel, Réseau d’Actions pour la Promotion d’un Etat Laïque coordonné par Nadia Geerts intitulé «La laïcité à l’épreuve du XXIème siècle».

Merci de vous joindre à moi pour l’accueillir chaleureusement !

NDL 05.02.2010

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