Memorandum du CAL 2014

(c) CAL 2013

(c) CAL 2013

Memorandum est…

Il y a dans la notion latine du « memorandum », telle que la considère le Centre d’Action Laïque, une obligation de garder non seulement en mémoire, mais surtout présentes à l’esprit pour le futur – esprit que nous devons cependant avoir libre et critique -, les préoccupations qui fondent nos idéaux et requièrent notre vigilance démocratique.

Aux responsables politiques, aux candidats des élections à venir en mai 2014, aux citoyens en général comme aux médias qui les informent, c’est par un mémorandum en trois volets (européen, fédéral, communautaire et régional) que le CAL – et le Conseil Central Laïque à travers lui – entend rappeler les attentes voire les exigences du mouvement laïque sur ces différents plans institutionnels.

Le contexte pré-électoral est celui d’un modèle démocratique qui s’effrite, d’une éducation qui perd ses repères et d’une société que la peur de l’autre, l’intolérance et la paupérisation galopante fragilisent. Une société multiculturelle de facto, mais que gangrènent d’autant plus les discours populistes et les replis identitaires, communautaires et nationalistes de toute nature.

Face à quoi la citoyenneté laïque ne peut, s’appuyant sur le socle des valeurs premières intangibles que sont la liberté, l’égalité et la solidarité, qu’insister avec force sur des revendications centrales pour une meilleure organisation de cette société à l’avenir risqué.

L’intégralité des demandes et recommandations programmatiques du CAL pour les élections 2014 aux différents niveaux de pouvoir sont accessibles en ligne via le site internet www.laicite.be/memorandum

Télécharger l’entièreté du mémorandum ici : FHE CAL propositions pour 2014 (Word DOC)

L’EUROPE

La laïcité des lois et des institutions européennes
Beaucoup de personnes sont laïques, parfois même sans le savoir. C’est le cas de tous ceux qui pensent que la religion est avant tout une question personnelle et que seule la séparation des États et des religions peut fournir un cadre impartial qui inclut tout le monde, croyant ou pas. Mais la laïcité est aussi une question de valeurs. Défendre la laïcité, c’est conduire sa vie en promouvant la paix, la liberté, l’émancipation, l’égalité et la solidarité. La Fédération Humaniste Européenne (FHE) invite donc l’Union européenne, inspirée de ces valeurs fondamentales, à prendre en compte les éléments suivants, au profit de tous.
L’Europe et ses institutions doivent conserver leur indépendance face aux opinions philosophiques ou religieuses exprimées par des individus ou relayées par des groupes de pression, en refusant toute ingérence des Églises dans la sphère politique.
Le fait religieux ne peut en aucun cas influencer les choix politiques et d’organisation de la société. Depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne en 2009, les institutions européennes dialoguent avec les Églises et les organisations non confessionnelles sous l’Article 17 du Traité de fonctionnement de l’UE (TFUE) qui mentionne un dialogue «ouvert, transparent et régulier». Or, malgré un récent rééquilibrage en faveur des organisations non confessionnelles, la mise en œuvre de ce dialogue a fortement privilégié les Églises.

La FHE demande aux instances européennes :
De respecter scrupuleusement le principe de la séparation Églises/État
De défendre la laïcité face à ceux qui pourraient être tentés de revenir sur les acquis des droits de l’Homme : égalité des sexes, droits des personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres), liberté de conscience et d’expression, droits sexuels et reproductifs des femmes, promotion de la recherche libre, accès à l’éducation pour tous, etc.
De préciser les lignes directrices de la commission européenne relatives à la mise en œuvre de l’Article 17 du TFUE, tant dans les modalités de choix des interlocuteurs que dans les thèmes qui pourraient être débattus, comme l’a demandé le Médiateur européen.
Une transparence complète et équilibrée dans le processus de composition des groupes d’experts et des comités éthiques qui collaborent avec les institutions européennes.


La défense de l’Etat de droit, de la démocratie et des droits de l’Homme
Depuis les années 80, mais surtout depuis la crise financière de 2008, des mouvements populistes se sont multipliés en Europe. Ils attaquent la démocratie en profondeur et représentent un risque grave pour nos institutions et l’État de droit. Symptômes d’une colère populaire grandissante à l’égard de la crise économique, ces mouvements exacerbent les tensions sociales et la méfiance des citoyens vis-à-vis des processus démocratiques traditionnels. Ils participent également d’une banalisation des propos racistes, xénophobes et homophobes et décrédibilisent le projet d’une Europe citoyenne. Cette situation nécessite une réponse européenne forte et concertée.

La FHE demande :
De défendre les valeurs fondamentales de l’Union européenne, d’agir avec fermeté, par tous les moyens diplomatiques et légaux, à l’encontre des États membres qui violent ces valeurs et dérogent aux règles européennes communes et de mettre en place un mécanisme indépendant de défense de l’Etat de droit (« Commission de Copenhague » ou groupe de haut niveau) pour veiller au respect de ces valeurs par les Etats membres.
De mettre en place une stratégie coordonnée de lutte contre la progression des intégrismes et des partis populistes de tous bords.
D’adopter une attitude proactive au sein de toutes les institutions européennes pour compléter le dispositif anti-discriminations de l’Union européenne.
D’inciter les Etats membres à supprimer les lois nationales contre le blasphème comme le recommande le Conseil de l’Europe.
De garantir les droits économiques et sociaux notamment dans les États membres durement affectés par les mesures d’austérité imposées par les institutions européennes et internationales.
D’assurer le maintien ou la création de services publics de qualité.
De promouvoir la citoyenneté européenne et la participation active des citoyens à la prise de décision publique.


La politique de la recherche
La recherche scientifique doit être libre et rester étrangère aux convictions et prescrits religieux. Les seuls guides à la finalité de la recherche sont la raison, l’expérimentation et la démonstration, dans le cadre des dispositions légales en matière d’éthique.

La FHE demande :
La liberté absolue de la recherche scientifique : ses limites sont celles des moyens, de l’ordre public et de la loi qui elle-même résulte du choix de société démocratiquement décidé.
De contrer les tentatives de certaines organisations religieuses qui entravent le développement de la recherche européenne au nom de prescrits dogmatiques qui ne font pas consensus au sein de l’Union européenne.
Que la recherche tienne compte de critères d’intérêt général et ne repose pas uniquement sur des critères économiques.


Les relations extérieures
Celles-ci doivent s’inscrire dans le respect strict des droits de l’Homme et du droit international (notamment humanitaire), des libertés individuelles et du rejet de toutes discriminations basées notamment sur le sexe, l’orientation sexuelle, l’origine ou les croyances.

La FHE demande :
Que toute nouvelle adhésion à l’Union européenne souscrive au respect des droits de l’Homme et de l’État de droit.  
Que les accords de coopération de l’Union européenne contiennent des clauses de conditionnalité démocratique exigeantes et fassent l’objet d’évaluations régulières.  
Que les libertés de conscience et de conviction soient promues dans les relations extérieures de l’Union européenne. Cela implique de défendre notamment la liberté de ne pas croire et celle de changer de religion ou de conviction.
Qu’une attention particulière soit portée à la décriminalisation du blasphème et à la défense de la liberté d’expression vis-à-vis des convictions religieuses et philosophiques.

Télécharger l’entièreté du mémorandum ici : FHE CAL propositions pour 2014 (Word DOC)
ou rendez-vous sur le site Internet : www.laicite.be/memorandum

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